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Faut-il utiliser un clavier maître ou la souris pour ses beats

Faut-il utiliser un clavier maître ou la souris pour ses beats

Un soir d'automne à Lille, je fixais mon écran, essayant de cliquer désespérément sur une grille pour faire bouger un charley, alors que mon index commençait à me faire mal à force de double-cliquer dans le vide. C'était un samedi pluvieux en novembre, le genre de temps qui te donne juste envie de rester enfermé avec ton vieux laptop et tes boucles qui tournent en rond.

Avant d'aller plus loin, petit moment de transparence entre nous : certains liens dans cet article sont affiliés. Ça veut dire que si vous craquez sur un truc, je touche une petite commission sans que ça vous coûte un centime de plus. Je ne vous parle ici que des outils que j'ai moi-même torturés dans ma chambre pour essayer de faire sonner mes prods, promis.

Mes débuts avec une souris et beaucoup d'espoir

Quand j'ai commencé le beatmaking, je n'avais rien d'autre que mon ordinateur portable d'occasion et un logiciel gratuit. J'étais persuadé qu'il me fallait absolument un clavier à 100 balles pour ne plus sonner comme un robot rigide. À l'époque, mes premiers essais de grooves caribéens étaient plats, sans vie, parce que je dessinais chaque note une par une sur ce qu'on appelle le piano roll.

Le problème avec la souris, c'est que chaque clic crée une note avec la même force. Dans le langage technique, on parle de vélocité. Le standard MIDI gère 128 niveaux de vélocité, de 0 à 127. À la souris, si tu ne fais pas gaffe, tout sort à 100 ou 127. Résultat ? On aurait dit une mitrailleuse, pas un rythme de Kompa qui chaloupe. J'ai passé des heures à lutter contre cette raideur.

Pourtant, c'est là que j'ai appris la patience. Je me souviens de l'épaule qui se crispe après avoir passé l'après-midi à micro-ajuster des briques de couleur sur un écran 13 pouces. C'était épuisant, mais formateur. C'est à ce moment-là que j'ai compris que le secret n'était pas forcément l'outil, mais comment on triche avec la grille pour donner du mouvement. Si tu débutes, jette un œil à ma méthode pour organiser son projet de beatmaking et rester créatif, ça t'évitera de te perdre dans tes clics.

Gros plan d'une main utilisant une souris pour éditer des notes MIDI sur un écran d'ordinateur.

Le fantasme du clavier maître : le soir où j'ai craqué

Après trois semaines de galère, j'ai fini par acheter un petit clavier maître compact, un modèle avec 25 touches qui tenait à peine sur mon bureau encombré de tasses de café. J'avais cette petite voix qui me disait que je n'étais pas un 'vrai' producteur parce que je n'avais pas de touches en plastique sous les mains. Je pensais que le clavier allait magiquement transformer mes prods en hits de radio.

La réalité a été un peu plus brutale. Un soir de février, j'ai essayé de poser une ligne de basse pour un morceau inspiré par l'Afro-jazz. J'ai passé trois heures à essayer de jouer cette ligne au clavier pour finir par tout effacer et la redessiner à la souris parce que mes doigts s'emmêlaient. Je ne suis pas pianiste, et apprendre à coordonner ses mains tout en gérant le logiciel, c'est une autre paire de manches.

Le clavier maître ne produit aucun son par lui-même ; il envoie juste des ordres à ton ordi. Si tu ne sais pas quoi lui faire dire, il reste muet ou, pire, il te fait jouer faux. Pour ceux qui veulent du concret sans passer par la case solfège, le KOMPA GOD DRUMKIT Vol.1 est une bénédiction. Ce sont des sons de batterie qui ont déjà du caractère, que tu les déclenches au clavier ou que tu les poses à la souris.

Souris vs Clavier : le match du groove

Le vrai déclic pour moi, c'est quand j'ai arrêté de vouloir tout quantifier à 100 %. La quantification, c'est quand l'ordinateur remet tes notes parfaitement sur le temps. Pour mes grooves caribéens, c'était le tue-l'amour assuré. En laissant un peu de décalage, même à la souris, on retrouve ce fameux 'swing'.

L'angle mort : le beatmaking nomade

Il y a un truc auquel je n'avais pas pensé au début : le transport. Au bout de mon premier mois, j'ai dû pas mal voyager en train pour le boulot. Essayer de sortir un clavier maître de 25 touches sur une tablette de TGV, c'est le meilleur moyen de passer pour un hurluberlu et de n'avoir plus de place pour sa canette de soda.

C'est là que la souris (ou même le trackpad de l'ordi) devient ton meilleur allié. Pour les beatmakers nomades, la souris est indispensable pour composer sur un écran réduit sans équipement lourd. J'ai appris à faire des beats entiers dans le train Lille-Paris, juste en déplaçant des blocs. C'est moins sexy qu'une vidéo de studio pro, mais c'est redoutablement efficace pour avancer ses projets.

D'ailleurs, si tu bosses au casque dans le train, fais attention à tes réglages de base. J'en parle dans mon article sur pourquoi le gain staging est essentiel pour vos premiers beats maison. C'est souvent plus important que de savoir si tu as tapé sur une touche ou cliqué sur un bouton.

Un clavier maître compact de 25 touches posé sur un bureau de home studio.

Faut-il investir dès le premier week-end ?

Si tu commences juste ce samedi, mon conseil est simple : garde tes sous. Utilise ta souris, apprends à connaître ton logiciel de l'intérieur. Le bruit sec et répétitif du clic de ma souris bon marché qui résonne dans mon petit appart lillois à deux heures du matin, c'est mon souvenir le plus précieux. C'est là que j'ai vraiment compris comment se construisait un morceau.

Plutôt que d'acheter du matos qui va prendre la poussière, investis dans ce qui s'entend vraiment. Des bons samples, par exemple. Quand j'ai commencé à utiliser des kits de qualité, mes exports en 44.1 kHz ont tout de suite pris une autre dimension. On ne se rend pas compte, mais un bon pack change la donne plus vite qu'un nouveau gadget USB.

Si tu veux vraiment structurer ton espace de travail plus tard, tu pourras regarder du côté d'une Configuration Home Studio plus complète, mais ne te presse pas. Pour débuter, tu as déjà tout ce qu'il faut sous l'index.

Ce qu'il faut retenir pour tes premières sessions

La souris n'est pas un sous-outil. C'est l'outil de la précision. Le clavier, c'est l'outil de l'émotion. Pour faire un bon beat de Kompa ou d'Afrobeat, tu as besoin des deux, mais pas forcément en même temps. Apprends à préparer tes premiers kits de batterie pour gagner en rapidité, et tu verras que la question du matériel passera vite au second plan derrière le plaisir de créer.

Pour finir, n'oublie pas que même les plus grands producteurs passent parfois des heures à ajuster une note à la souris. Le plus important, c'est que ça bouge, que ça vibre, et que ça te donne envie de danser dans ton salon. Si tu as déjà un laptop, tu as déjà un studio. Alors, clique, ajuste, et sors-nous un truc qui envoie !

Si tu veux vraiment donner de la vie à tes morceaux sans te prendre la tête, je te conseille vraiment de jeter une oreille au KOMPA GOD DRUMKIT Vol.1. C'est typiquement le genre de ressources qui m'a aidé à arrêter de me focaliser sur mon matos pour enfin me concentrer sur le son.

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