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Comment faire un premier beat gratuit sur PC ce week-end

Capture d'un premier beat en cours de montage sur PC, avec un logiciel de production musicale gratuit

La souris reclique sur la même case de la grille, encore, et le kick refuse toujours de tomber pile là où il devrait. Ça doit faire une bonne vingtaine de fois que je relance la boucle rien que pour vérifier si, cette fois, ça sonne juste. Voilà à quoi ressemble mon week-end depuis que j'ai décidé de sortir un premier beat, en partant de zéro, sur mon PC de bureau et un logiciel gratuit dégoté en dix minutes de recherche. Débutant complet en production musicale, sample pack téléchargé la veille, et cette obsession pour les grooves afro et caribéens qui ne voulait pas me lâcher.

Deux semaines plus tôt, j'avais tenté d'apprendre le solfège sur YouTube, soir après soir, pour ne pas avancer d'un poil. Les rondes, les croches, les clés de sol, tout ça me passait à côté sans jamais s'accrocher. J'ai fini par tout laisser tomber, en me disant que si je devais attendre de savoir lire une partition pour poser un rythme, j'allais mourir vieux sans avoir sorti le moindre son. Ce week-end-là, j'ai choisi l'autre chemin: la souris, la grille, et des samples tout prêts.

Un vieux PC, pas un studio

Mon setup, c'est un bureau en bois pas cher, vissé sous la fenêtre qui donne sur la cour, avec un vieux casque filaire qui traîne accroché au coin de l'écran entre deux sessions. Les deux enceintes que j'utilise, je les ai chinées un dimanche matin au marché de Wazemmes, posées depuis sur une pile de bouquins pour qu'elles soient à la bonne hauteur. Derrière le laptop, c'est un vrai nid de câbles USB et jack, jamais rangé, jamais un souci pour autant. Trois ans après avoir commencé comme ça, mon coin studio n'a quasiment pas bougé, à part le nombre de câbles qui a doublé.

Pas besoin de mille balles de matos pour se lancer, ça, j'en suis certain: c'est le logiciel qui fait le gros du boulot, et il est gratuit. Sur PC, des trucs comme LMMS font le café sans réclamer un centime: t'importes tes samples en WAV, tu poses ta grille de rythme, tu exportes un fichier audio fini, et voilà. Sur Mac, GarageBand fait à peu près pareil. Pas d'abonnement, pas de carte bleue à sortir, juste un logiciel qui tourne sur une bécane de tous les jours.

Grille de percussions dans un logiciel gratuit, base d'un premier beat pour débutant

Un sample pack, ça se choisit comment ?

Un sample, pour ceux qui débarquent, c'est juste un petit fichier audio: un coup de tambour, une caisse claire, une note de basse toute seule. La plupart des packs sérieux se choppent en WAV, 24 bits, 44100 Hz — un format que n'importe quel logiciel avale directement, sans embrouille de conversion. Le vrai piège pour un débutant, c'est de télécharger un pack énorme, bourré de sons qu'on n'utilisera jamais: mieux vaut un petit pack ciblé percussions caribéennes, avec le tempo indiqué sur chaque fichier, que des tonnes de sons dans tous les sens.

Il y a bien eu une tentative de fusion afrobeat-dancehall avec une tripotée de pistes d'effets différentes, que j'ai fini par jeter à la corbeille — beaucoup trop ambitieux pour un premier essai, ça sonnait comme un mur de bruit sans queue ni tête. Repartir sur un pack simple, avec trois ou quatre sons bien choisis, ça change tout quand on débute.

Caler le groove sans finir en bouillie

On reste sur du 4/4 pour commencer, ce qui veut juste dire quatre temps par mesure — quasiment tous les beats qui tournent à la radio sont bâtis sur des boucles de deux ou quatre mesures avant qu'un couplet ou un refrain débarque. L'afrobeat et les riddims caribéens tournent en général entre 90 et 110 BPM. Le dancehall, lui, joue perso: souvent entre 70 et 95 BPM en half-time, ce qui le fait paraître plus lent qu'il ne l'est vraiment parce que l'oreille compte le temps autrement.

J'ai un jour voulu caler une boucle de percussions caribéennes direct sur ma grille à 100 BPM, persuadé que ça collerait tout seul. Grosse erreur: le sample avait été enregistré à un tempo différent, et à la relecture, ça hoquetait à chaque retour de boucle, comme un disque rayé version numérique. Il m'a fallu un moment pour percuter que le problème ne venait pas de mon oreille mais du fichier — il fallait vérifier le tempo d'origine du sample avant de le balancer dans le projet, sinon le logiciel l'étire n'importe comment.

Le kick qui a fait cracher les enceintes

Je voulais que ça sonne fort, comme à la radio, alors j'ai poussé tous les curseurs au taquet, celui du kick en premier. Grosse erreur, la même en pire: à la relecture, le son crachait, mes enceintes de récup peinaient à suivre, et la basse mangeait absolument tout le reste. Ce jour-là, j'ai compris qu'un morceau fort, ça ne vient pas d'un seul curseur poussé à fond, mais de laisser un peu de marge à chaque son pour que rien ne s'écrase les uns sur les autres.

Célian ne jure que par le vrai

Mon copain Célian galère à peu près au même rythme que moi sur ses propres morceaux, chacun de son côté avec ses outils. Lui, il ne jure que par les percussions acoustiques, un vrai djembé enregistré plutôt qu'un sample piqué sur internet, et il regarde mes packs téléchargés d'un œil un peu moqueur. On s'échange nos boucles de temps en temps pour avoir un avis extérieur, et c'est souvent lui qui repère en premier quand un truc sonne creux. Pas besoin d'être d'accord sur la méthode pour se filer un coup de main.

Exporter sans tout foutre en l'air

Le dimanche soir, pressé d'avoir un retour, j'ai voulu envoyer ça direct à Maël, qui traîne dans le même groupe de tarés du beatmaking amateur que moi, mais qui carbure plutôt au boom bap et ne s'aventurera jamais du côté de l'afrobeat. Sauf que j'avais exporté le fichier projet du logiciel au lieu d'un vrai fichier audio: il n'a évidemment rien pu ouvrir de son côté, et j'ai dû tout recommencer avec le bon format avant de pouvoir renvoyer quoi que ce soit d'écoutable.

Petite leçon en prime ce soir-là: j'avais mixé le tout au casque, tout seul dans mon coin, et une fois passé sur une petite enceinte Bluetooth dans la cuisine, la basse et la largeur du son changeaient complètement. Le casque donne une image assez trompeuse de ce que ça va vraiment rendre ailleurs, alors autant vérifier sur autre chose avant d'envoyer son fichier à qui que ce soit.

Sortir d'une boucle qui tourne en rond

Ma boucle de quatre mesures tournait en rond depuis un bon moment, et je passais mon temps à retoucher les mêmes petits détails sans jamais avancer, un peu comme une sauce qu'on goûte et regoûte sans jamais oser la servir. Ça ne menait nulle part: le morceau restait une démo qui tournait en boucle, jamais un vrai truc avec un début et une fin.

Ce qui m'a débloqué, c'est de copier-coller cette boucle sur toute la timeline, façon niveau de jeu vidéo qui monte crescendo, puis d'enlever et de rajouter des éléments section par section plutôt que de peaufiner encore et encore le même passage. L'arrangement minimaliste, en gros, c'est juste ça: la percussion seule sur les huit premières mesures, la basse qui arrive ensuite, puis une mélodie toute simple par-dessus, sans jamais tout balancer d'un coup. Pour la mélodie, j'ai posé trois accords en MIDI — pas du son à proprement parler, juste une partition numérique qui dit au logiciel quelle note jouer et à quel moment. Un piano un peu étouffé, trois accords, et la boucle tournait déjà bien mieux.

Notes MIDI alignées pour une mélodie simple, dans un arrangement minimaliste de premier beat

Ce que je retiens de ce premier week-end

Ça fait quatre semaines que je m'y remets tous les week-ends, et un dimanche, la basse est enfin tombée pile sur le bon temps: ma tête s'est mise à bouger toute seule, sans que j'y pense une seconde. Pas une grande révélation, juste un groove qui, cette fois, fonctionnait pour de vrai.

Si je devais résumer ce premier week-end en un seul conseil, ce serait celui-là: finis un truc moche plutôt que de peaufiner indéfiniment un morceau qui ne sortira jamais. Le solfège attendra, les enceintes de récup suffisent largement pour commencer, et le seul vrai obstacle, la plupart du temps, c'est de ne pas oser cliquer sur exporter.

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