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Progresser en guitare pour le beatmaking grâce aux classiques rock

Progresser en guitare pour le beatmaking grâce aux classiques rock

Un soir de grisaille à Lille, vers la fin de l'hiver dernier, j'étais affalé devant mon laptop avec une sensation de vide total. Mes mélodies MIDI, même avec les meilleurs plugins gratuits que j'avais trouvés, sonnaient comme une vieille sonnerie de téléphone portable des années 2000. Je cherchais un groove organique, un truc qui respire, mais tout restait désespérément plat et synthétique sur mon écran.

C'est là que mes yeux sont tombés sur une vieille guitare électrique qui prenait la poussière dans un coin du salon. Je n'y avais pas touché depuis une éternité. En la branchant, j'ai réalisé que je n'avais pas besoin de devenir un virtuose ou de comprendre le solfège pour muscler mes prods. J'avais juste besoin de piquer l'énergie brute d'Angus Young pour donner du corps à mes morceaux. C’est comme ça que j’ai commencé à explorer comment progresser en guitare pour le beatmaking grâce aux classiques rock.

Déterrer la hache de guerre : le setup de fortune

Le premier truc que j'ai dû faire, c'était de remettre l'instrument en état. Quand on débute, on s'imagine qu'il faut du matos de dingue, mais franchement, ma gratte d'entrée de gamme faisait l'affaire. J'ai commencé par l'accorder, un truc basique mais essentiel. J'ai calé mon accordeur sur la fréquence du La de référence, soit le fameux 440 Hz, pour être sûr de ne pas sonner faux dès la première note. C'est le standard international, et sans ça, tes samples de guitare ne s'aligneront jamais avec tes instruments virtuels.

Je n'avais pas d'ampli correct, alors j'ai branché la guitare directement dans ma petite interface audio. Mon but n'était pas de donner un concert, mais de capturer des textures. J'ai réalisé assez vite que ma configuration était très proche de ma configuration home studio pas cher pour produire sans se ruiner, ce qui prouve qu'on peut faire des miracles avec trois fois rien. J'ai décidé de ne pas perdre de temps avec des exercices de gammes ennuyeux. Je voulais du riff, du lourd, du immédiat.

Gros plan d'une main tenant un médiator au-dessus des cordes d'une guitare.

Le week-end où tout a basculé : l'immersion AC/DC

Lors d'un week-end particulièrement pluvieux en février, je me suis lancé un défi : massacrer sept riffs d'AC/DC jusqu'à ce qu'ils ressemblent à quelque chose. Pourquoi eux ? Parce que leur musique repose sur des fondations ultra solides qui sont parfaites pour le beatmaking. J'ai commencé par Back in Black. Le tempo de la piste originale est calé à 90 BPM, ce qui est une vitesse de croisière idéale pour pas mal de mes prods un peu groovy.

Au début, c'était la cata. J'ai eu ce moment de solitude, un vrai échec de débutant : ce bruit de plastique sec quand mon médiator tape accidentellement le micro de la guitare au lieu des cordes sur un accord de Sol. Ça gâche tout l'enregistrement, mais c'est comme ça qu'on apprend. J'ai compris que la magie d'Angus Young ne venait pas de la complexité des notes, mais du placement rythmique. Il n'y a que 6 cordes sur une guitare électrique standard, et pourtant, avec seulement trois ou quatre accords, ces gars-là ont fait trembler des stades.

J'ai passé des heures à répéter les mêmes mouvements. Après environ trois semaines de pratique régulière, mes doigts commençaient enfin à se durcir un peu et les accords sonnaient plus clairs. Ce qui est génial avec ces riffs, c'est qu'ils utilisent énormément d'accords ouverts comme le Sol, le Ré ou le La. Ces accords résonnent beaucoup plus longtemps et plus fort que les accords barrés, ce qui donne une épaisseur incroyable quand tu les transformes en samples.

L'art du silence et le swing du beatmaker

C'est là que j'ai eu mon premier vrai déclic. En tant que beatmaker, on a tendance à vouloir remplir chaque vide, à empiler les couches. Mais le rock classique t'apprend l'inverse. L'angle mort de beaucoup de débutants, c'est de croire qu'il faut jouer plein de notes. En réalité, pour le beatmaking, il faut maîtriser uniquement les accords ouverts et, surtout, les silences. C'est le rythme qui dicte le groove, pas la virtuosité.

J'ai remarqué que le 'swing' qu'on cherche tous à recréer dans nos logiciels peut être obtenu naturellement en décalant légèrement ses propres enregistrements de guitare par rapport à la grille rigide du DAW. En jouant un riff d'AC/DC, on ne tombe jamais exactement sur le temps de manière mathématique. C'est ce petit décalage humain qui donne vie au morceau. Un accord de puissance (power chord) ne contient que la tonique et la quinte, ce qui est une bénédiction pour nous : ça évite les conflits de fréquences quand on commence à ajouter de la basse ou des synthés par-dessus.

Écran d'ordinateur montrant le découpage de samples de guitare dans un logiciel.

Transformer le rock en beat : le passage au DAW

Une soirée de la mi-avril, alors que l'air commençait enfin à se réchauffer un peu, je me suis mis à enregistrer sérieusement ce que j'avais appris. Je poussais mon processeur à bout pour faire tourner mes simulations d'amplis gratuites. Je me souviens encore de l'odeur de poussière chaude qui s'échappait de la grille de ventilation de mon vieux PC quand je poussais le processeur pour enregistrer mes prises. C'était le signe qu'on travaillait dur.

J'ai pris mes enregistrements maladroits et je les ai traités comme de simples samples de packs. Je les ai découpés, pitchés, et j'ai appliqué les techniques que j'utilise habituellement pour comment construire un morceau de beatmaking afro caribéen pour débutant. Le contraste entre le grain sale de la guitare rock et les drums bien nets de mes kits habituels était incroyable. J'avais enfin trouvé ce grain humain qui manquait à mes prods.

En travaillant sur un dimanche après-midi entier, j'ai réussi à boucler une track où le riff principal était une version ralentie et filtrée d'un classique du rock. C'était bien plus gratifiant que de cliquer sur des notes dans une grille. J'ai même dû faire attention à ne pas trop charger le mix, en appliquant ce que j'avais appris pour réussir son mixage afro caribéen sans être un ingénieur du son : laisser de la place aux instruments pour qu'ils respirent.

Pourquoi vous devriez vous y mettre aussi

Si vous débutez et que vous galérez à faire sonner vos mélodies, ne cherchez pas forcément le dernier plugin à la mode. Une vieille guitare, même un peu désaccordée, peut devenir votre meilleure alliée. On n'a pas besoin d'être un virtuose : trois accords de rock bien placés valent mieux que mille plugins de simulation. Le but n'est pas de jouer le solo de Stairway to Heaven parfaitement, mais de capturer une vibration, une attitude.

Doigts plaquant un accord de puissance sur le manche d'une guitare électrique.

Maîtriser les bases du rythme rock m'a aussi aidé à mieux comprendre comment structurer mes morceaux. En observant comment un riff d'AC/DC laisse de la place à la batterie, j'ai arrêté de surcharger mes patterns de charley. J'ai aussi appris à utiliser mon matériel de manière plus efficace, même quand je dois faire du beatmaking sur un vieux pc portable sans ramer, en gelant mes pistes de guitare une fois enregistrées pour libérer de la RAM.

Au final, ce détour par le rock n'a pas fait de moi un guitariste de groupe, mais ça a radicalement changé ma façon de voir le beatmaking. J'ai arrêté de chercher la perfection technique pour me concentrer sur l'énergie. La prochaine fois que vous êtes bloqué devant une boucle MIDI qui sonne creux, essayez de choper une gratte, accordez-la en 440 Hz, et envoyez un bon vieux power chord bien gras. Vous m'en direz des nouvelles.

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